Sucé – Notre Dame des Landes : 4 juillet 2014

Dernière étape, la plus triste et la plus émouvante : Dona nous quitte. Prise par des engagements antérieurs, elle doit rejoindre sa famille. Elle part comme elle est arrivée, au croisement d’une route, j’ai le cœur serré mais, il en est ainsi. Je sais que nous avons scellé le pacte de l’amitié et que nous nous retrouverons sous d’autres hospices. En tout cas, grand merci pour son appropriation du projet, son soutien, son aide sans faille et sa joie de vivre.
Les marcheurs partent les premiers. On nous donne un lieu de rendez-vous pour le midi mais nous ne les rejoignons pas, c’est un peu compliqué, on ne passe pas par les sentiers mais par la route. Heureusement, Jean Louis est impliqué dans l’ACIPA (Association Citoyenne Intercommunale des Populations) il connaît ainsi les responsables de l’organisation. Grâce à ses contacts, nous obtenons des renseignements plus précis, qui nous permettent de ne pas nous égarer.
En traversant une petite ville, Treillières, nous sommes pris à parti par des pro-Notre Dame des Landes, Jean Louis intervient, heureusement, il n’a pas entendu la fin de leurs propos plus bête et provocateur que censé.
Nous sommes accueillis à la vielle poste par des militantes qui nous servent une collation des grands jours.
Puis, un jeune homme originaire de Vandoeuvre nous attend près de l’église de Vigneux et nous indique le chemin d’arrivée des convergences. Nous approchons du but final, une certaine effervescence monte. On croise des tracteurs chargés de militants, ça klaxonne ici et là. On se croit arrivé mais les derniers kilomètres me semblent interminables. Je n’ai pas assez dormi pendant le voyage, je suis tout simplement fatiguée, tout effort m’est devenu surhumain.
Une Kangoo orange nous dépasse, je reconnais Gilles Roger de Chaumont, lui aussi cherche le point de rencontre.
De croisement en croisement, nous débouchons dans un pré où toutes les convergences arrivent : Cortèges de voitures, concerts de klaxon, défilés de tracteurs, puis des vélos et des vélos de randonnée, des tacots, des vélos couchés, des vélos déguisés surgissent de toute part. Je suis arrivée pour de bon. Je retrouve les potes de Bure et Régine avec la bande de Mirabel. Les Lorrains sont nombreux, c’est sympathique de nous revoir dans cette effervescence, où chacun participe à sa façon en fonction de ses convictions, de ses connaissances.
C’est la première émotion de ce rassemblement. Interview de Presse Océan, petit repas et nous repartons pour le final du final.
La caravane croit, toujours, encore quelques kilomètres à parcourir, ils sont interminables et cela va bon train ! Nous marquons un arrêt devant la ferme « La Vache Rit» Un rappel pour les militants du Larzac. Bien sûr, je suis en pensée avec eux. Et ça galope dans ma tête : « Larzac, on l’a eu, Notre Dame des Landes, on l’aura, maintenant, il faut que les militants français attaquent Bure avec nous.»

Nouvelle convergence des cyclistes et des marcheurs, avec la musique. Un groupe de sonneurs bretons (cornemuses) nous met tout de suite dans l’ambiance. Des frissons d’émotion montent, je dois laisser échapper quelques larmes, je me fais discrète au milieu de cette foule festoyant, provoquant. Heureusement, la joie de retrouver Véronique qui surgit de je ne sais où, me sortira de la situation. J’appelle Dona qui se trouve dans le train pour lui faire partager ce moment intense et exceptionnel de cette célébration en musique. (Le terme n’est pas trop fort).
Devant le mur de paille d’un tracteur, un slogan : « Aidez-nous à semer l’avenir ». Yves, organisateur de cette convergence, donne dignement les dernières consignes pour la marche qui va nous amener sur le site des terres de la ferme de Bellevue.
Enfin, la grande marche des bâtons se déploie sous mes yeux au départ de la Croix des Ardillières, comme la marche des paysans du Larzac en 1978. C’est Michel Tarin, figure du mouvement anti aéroport qui mène le cortège avec son bâton que vient de lui remettre Régine. C’est tout un symbole, accrochée à ce bâton, une paire de chaussettes venant de Rosia Montana (Roumanie), village menacé par l’arasement de quatre montagne et de la création d’un lac de cyanure pour exploiter une mine d’or géante, fait le lien avec les GPII. Il n’y a pas qu’en France. Plusieurs délégations européennes participent aussi au rassemblement.
Je marche à côté de mon vélo, je vais et vient, je prends beaucoup de photos de cette marche qui restera pour moi l’apothéose de ce périple comme le fut celle de Dakar en 2011 quand quelques 70 000 personnes défilaient dans les rues de la ville au moment du forum social mondial.
Les délégations s’y retrouvent, on remarque de suite l’association Novissen invitée d’honneur qui lutte contre la ferme-usine des « 1000 vaches ».
Au bout de trois kilomètres, nous pénétrons sur le terrain et je découvre avec stupéfaction l’ampleur du rassemblement. Cinq chapiteaux sont plantés. Une grande scène va abriter les groupes de musique qui vont se succéder. Tout est pensé avec minutie.
Je découvre le programme galvanisé par une série de forums, débats, concerts… C’est une véritable université d’été qui va se dérouler sur ce lieu champêtre.
Je suis époustouflée par l’organisation que cela représente, par le nombre de bénévoles présents, plus de 1000 sans doute, par l’engouement, la gentillesse des uns et des autres. Rien n’est laissé au hasard. Tout est balisé, les campings, celui des organisateurs, des visiteurs ; le nombre de piquets plantés dans une terre aussi dure que du béton est ahurissant : plusieurs milliers mais je n’ai pas encore réussi à trouver le nombre.
Nous installons les tentes rapidement car le temps se gâte et la pluie se met à tomber finement, assez pour nous empêcher de prendre le repas en extérieur. Je suis aussi surprise par le nombre de guinguettes qui sont plantées sur le site et qui nous offrent un assortiment de plats bio pour la plupart à des prix tout à fait abordables. Et c’est délicieux, en plus.
L’alignement des douches et le fonctionnement des toilettes sèches m’impressionnent. Tout restera impeccable pendant la durée du séjour.
Je n’avais pas prévu ce temps de chien à NDDL. Nous allons connaître un week end de pluie non stop, et piétiner dans la gadoue pendant deux jours (98% de l’aéroport qu’ils veulent imposer est en zone humide. Chiffre officie de l’état !). Une charmante dame me prêtera des bottines car je n’ai que des nus pieds. Mais la foule est là, rien n’arrête les militants. Environ 20 à 30 000 personnes passeront sur le site pendant ces deux jours.

Ma conclusion :
L’analyse que je fais de cette convergence est simple. Bien que je suive le projet par les réseaux sociaux, je ne connaissais pas physiquement NDDL. C’est loin de chez moi. Je n’avais pas travaillé l’approche des GPII en direct. En l’espace de cette quinzaine à vélo, j’ai comblé tous mes manques.
Grâce à tous les comités de soutien ou groupes situés sur mon passage, nous avons pu aborder dans chaque rencontre les thématiques de la convergence, faire le lien et la solidarité entre les différents mouvements d’opposition.
Le film de Dominique Hennequin « Déchets radioactifs : 100 000 ans sous nos pieds » a été projeté 6 fois, sur mon passage (Troyes, Villeneuve sur Yonne, St Claude de Diray (près de Blois), Tours, Saumur, Angers) participation d’environ 300 personnes). Notre objectif de sensibilisation de Cigéo est atteint à ce niveau. Le film a joué un grand rôle, en ce sens qu’il donne la parole aux deux parties : Andra et collectifs d’opposants. Les scènes du débat public sont parlantes. Les militants eux-mêmes se font leur propre opinion.
A l’issue de la projection, les participants ne savent que dire tellement ils sont frappés par l’ampleur du projet. Ils connaissent le projet Cigéo mais ils n’en n’imaginaient pas la gravité…Les débats sont riches et poussés.
A Orléans et Saumur, nous avons assisté à une manifestation plus large avec une information plus centrée sur les GPII. (Par exemple, 70 personnes à Orléans, pour lutter contre l’implantation d’un nouveau Décathlon. A Saumur, diaporama sur les GIPP et intervention d’un militant sur le projet des 1000 vaches)
Un tract résumant l’objectif de la convergence (NDDL, GPII, BURE 365) a été distribué partout sur le passage de la caravane. (Cyclistes, passants, place Hôtel de ville à Troyes, mais aussi marché à Orléans …) Des articles de presse sont parus dans tous les médias régionaux de chaque étape. (Une dizaine au total)
Sur le site, je suis restée souvent à proximité du stand de Bure, où j’ai rencontré beaucoup de militants. Par contre, je n’ai participé qu’aux meetings d’ouverture et de clôture qui ont fait salle comble. J’ai été très surprise par la diversité des thèmes des forums, la qualité des intervenants, qui m’ont rappelé ceux que je vivais au niveau de la solidarité internationale qui est mon premier terrain militant.
Cependant, j’ai un petit regret à formuler : j’aurais aimé un lieu, une rencontre entre les différentes convergences, peut être un genre de forum où le public aurait aussi pu nous poser des questions. J’ai perçu un manque au niveau de la « convergence des convergences » Un échange des ressentis de chacun, non pas par rapport à la performance des caravanes mais sur la nature du projet de chacun, ce qu’ils ont vécu, ce qu’ils en retiennent… J’aurais aimé aborder la thématique Bure dans un lieu fédérateur.
Mis à part cette remarque, l’objectif de faire de ce rassemblement, un moment festif mais aussi militant est non seulement atteint mais en ce qui me concerne, il est dépassé.
Pour finir, je suis tombée sous le charme de ce fleuve tranquille qu’est la Loire bien que je l’ai découvert avec mon casque de militante. Ce fut une source d’énergie tout comme le rassemblement de Notre Dame des Landes en fut une autre.
J’ai eu l’impression d’un retour dans le temps. Une traversée de la France d’autrefois. La préservation de l’environnement et du fondement de la vie des hommes et des femmes passent en priorité. J’ai ressenti plus qu’ailleurs une recherche d’alternatives durables à ces grands projets dévastateurs : « Des hommes et femmes qui veulent se réapproprier leur vie, dans des démarches de résistance contre un monde qui ne leur convient pas » comme le précise Reporterre dans son article du 7 juillet.
J’ai donc été surprise par la solidarité et la grande mobilisation de la population dans le projet Notre Dame des Landes. Tout le monde apparaît concerné. Aucune comparaison avec ce que nous vivons ici en Meuse et en Haute Marne.
J’ai aimé le commerce local avec ses petites boutiques, les gens qui le tiennent restent en dehors de la société de consommation et n’abusent pas le client. Ils sont à l’écoute du touriste et nous avons souvent engagé de longues conversations notamment sur notre engagement.
Je n’oublierai pas de dire que grâce à Dona, Véronique et Jean Louis, nous avons formé un quatuor exceptionnel, c’est à cet ensemble que tient la clef de la réussite de cette convergence Bure 365.
Notre force militante n’est plus assez pertinente pour continuer seuls. Nous avons besoin d’une aide nationale. Le projet CIGEO avance trop rapidement, il faut s’organiser autrement. Nous souhaiterions nous orienter vers des comités de soutien et convier la population à un grand rassemblement sur le site de Bure le 7 juin 2015 autour d’une grande marche.
Puis-je compter sur vous tous qui avez illuminé mes rencontres ?

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Saint Florent – Sucé : 3 juillet 2014

A partir de là, nous avons des vues magnifiques sur le fleuve qui s’élargit encore. La vallée se fait plaine, la Loire s’apprête à rejoindre l’océan Atlantique. L’influence maritime s’intensifie. On commence à voir plus de bateaux.

Départ tardif, j’essaie de combler le retard des comptes rendus. Malgré les efforts, je ne suis pas encore à jour, pourtant Dona m’aide à finaliser. Nous ne partons que vers midi après quelque ravitaillement sur les hauteurs du village.

Saint Florent, c’est la terre de Julien Gracq, disparu depuis quelques années seulement, il venait s’y reposer sur un banc de pierre au bord du sentier qui mène au fleuve sous le Mont Glonne. Il laisse à la région des textes magnifiques.
Au même endroit, un écriteau nous donne un aperçu de la vie intense qui régnait autrefois sur les bords de Loire d’un point de vue des transports maritimes. Pour exemple, ici une cinquantaine de personne travaillaient à l’extraction de la pierre des carrières de ce bord de Loire. La pierre était transportée jusqu’aux bateaux par wagonnets. Au même endroit, se trouve une petite cabane où vivait Barnum, un âne qui remontait les wagonnets vides.
Nous nous éloignons un peu du fleuve et empruntons de petits chemins où l’on retrouve la femme marcheuse rencontrée la veille au camping. Elle bougonne, à juste titre, parce que les riverains ont clôturé leur propriété, elle est obligée de faire des détours.
Nous prenons le repas à Ancenis sur un banc au bord du fleuve, la marcheuse a été aussi rapide que nous. Nous réussissons à l’amadouer en lui offrant de la terrine artisanale… Elle nous raconte ses expéditions. Un personnage phénoménal du style de ceux que l’on a l’habitude de rencontrer sur la route !
Nous approchons du but, mais je n’ai plus de repaires, je ne sais pas précisément où nous devons retrouver les autres convergences. Les copains de Bure devaient nous rejoindre, pas de nouvelles non plus. J’appelle deux des responsables de convergence. C’est assez vague, mais on nous donne rendez-vous dans une ferme où nous devrions retrouver les marcheurs d’Angers.

Contrairement à ce que je pensais la Loire est toujours aussi belle et les vignes sont toujours présentes. Ancenis était jadis un port actif où transitaient les vins de Loire, et le sel breton récolté à Guérande. Tout un passé historique mériterait là aussi qu’on s’y arrête. Le parcours tire à sa fin. En début d’année, j’avais prévu de découvrir le pays de Loire d’un point de vue touristique, historique. C’était avant. Le hasard des rencontres et de l’actualité a bousculé mes intentions. Là, en plus de la découverte, même si quelque fois elle est un peu rapide donc superficielle, je vis une expérience collective dans l’espace et dans le temps. Ma gazelle dans ce voyage me sert une nouvelle fois d’outil de communication, de média. Je ne pédale pas de la même manière que dans un simple périple, je rencontre des personnes engagées pour un changement de société, je découvre de nouveaux amis. Quelles richesses suis-je en train d’engranger. Quelles belles découvertes que celles de la nature humaine. Heureusement, les pays de la Loire, j’ai encore quelques années devant moi pour les découvrir en profondeur, y vagabonder en école buissonnière. Je reviendrai, c’est sûr.

Ce sont mes moments de grâce, de réflexion sur les bienfaits du vélo. Comme sur la route africaine, je n’y échappe pas.
Après une petite sieste dans l’herbe, nous reprenons la route. Il fait chaud. Nous relâchons un peu, beaucoup même, surtout moi. A Oudon, on s’y perd, on passe et repasse la Loire, un motard va nous conseiller. Finalement, on ne prend pas le chemin indiqué sur le guide qui nous emmène sur un coteau pentu et nous empruntons sur une dizaine de kilomètres une sorte de piste VTT jusque Mauves le long de la ligne de chemin de fer où je me régale. Je file en tête, ma folie du VTT reprend le dessus. J’en oublie mes coéquipiers, je ne les vois plus, je ne les entends plus. Ils peuvent avoir une crevaison, c’est justement le cas pour Dona.
Alors que j’aurais aimé la fin de l’étape à Mauves, je ne suis pas au bout de mes peines, une grande montée nous attend pour gagner Sucé. Des personnes nous proposent de l’eau fraîche, elles nous apprennent qu’elles en ont déjà distribué à une équipe de marcheurs qui venaient d’Angers. Nous sommes donc sur la bonne route.

Après quelques difficultés à trouver la direction de Sucé, nous arrivons tardivement à l’étape mais nous sommes comme d’habitude chaleureusement accueillis dans une ferme, celle d’Hubert Jahan. Il ne nous reste plus qu’à nous installer à la grande table et consommer le repas qui est déjà servi. La joie règne comme d’habitude. Je retrouve les personnes avec qui j’avais eu des contacts téléphoniques et d’autres que j’avais rencontrées à Nantes au festival du voyage à vélo en novembre dernier.
Discussions, échanges d’expériences, distribution de cigarettes par Dona. J’adore, tout du long du voyage, elle a offert de petites cigarettes des « bidis » (beedis) qu’elle a ramené d’Inde. C’est le moment de détente des fumeurs. Elles sont effilées et roulées dans une feuille épaisse de couleur sépia attachée par un petit fil de coton rose ou bleu. Autrefois, les hippies fumaient avec dévotion ces petites cigarettes indiennes artisanales comme si elles leur apportaient un peu de la sagesse de l’Orient. Je retrouve des sensations identiques chaque soir et cela m’amuse. Le parfum agréable que la fumée des « bidis » dégage ne provient pas de l’eucalyptus mais de la feuille de kendu (un arbre des forêts tropicales de l’Inde) qui l’enroule.

La fin du jour approchant, on monte les tentes dans la prairie au milieu des animaux, douce nuit après tous les efforts d’une fin de parcours un peu compliquée.

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Angers – Saint Florent

Après une soirée chargée en émotion, nous avons passé une excellente mais courte nuit.
Maud et Gildas viennent partager le petit déjeuner avec nous, c’est un véritable festin. Il y aurait de quoi nourrir 10 personnes !
Anne de Peuples Solidaires, Christine une vraie baroudeuse du vélo nous rejoignent et c’est le départ avec Maud et Jacques également. Toujours très intéressant de faire un bout de route avec les locaux qui nous racontent l’histoire du pays mais je ne vais pas vous faire une visite guidée de la ville d’Angers. Nous filons vers Bouchemaine pour retrouver nos coéquipiers Véronique et Jean Louis qui nous ont rejoints hier soir après une escapade de 48 heures où ils étaient partis retrouver des amis. Ils ont passés la nuit au camping.
Jacques lors d’un arrêt nous récite un poème de Gaston Couté, paysan poète anarchiste angevin. Nous sommes un peu surpris de sa demande mais vite subjugué par la teneur, le ton, l’accent et la qualité du diseur.
L’histoire raconte un conflit entre le monde paysan et les « bourgiaux d’la grand’ ville». Voilà le genre de surprise que nous réserve les individus rencontrés sur ce parcours…
Le groupe est définitivement constitué, nous partons à huit par La Pointe, c’est là que la Maine, rivière d’une douzaine de kilomètres, se jette dans la Loire. Nous pénétrons dans un village typique de mariniers, nous passons devant un magnifique grenier à sel où l’on percevait autrefois l’impôt sur le sel, dommage que nous puissions nous arrêter et nous nous engageons dans les coteaux où l’on retrouve les vignobles.
Jean Louis nous a distancés et perdus. C’est la première fois que cela arrive. Comme quoi c’est plus facile de rouler en petit groupe qu’avec un grand ! Maud qui croyait que ma remorque ne supportait pas les chemins étroits nous fait prendre une petite route qui monte, monte… Je peine et je la termine à pieds. En trois ans, j’ai énormément perdu en puissance dans les montées ou bien est-ce la fatigue car je dors peu.
A Savennières nous faisons une pause devant l’église où nous découvrons des jeunes hommes qui jouent aux palets sur plaques de plomb. (Jeu breton – vendéen qui se joue localement). Nous découvrons dans ce bourg un grand blanc, le Savennières, vin sec réputé d’une superbe élégance.
Nous faisons quelques courses à l’épicerie locale. Ce qui est surprenant dans ces régions traversées, c’est tout se qui tourne autour de l’économie solidaire. Ici il s’agit d’une épicerie (solidaire et associative) qui est tenue par les adhérents.
Pas de doute, une ambiance différente y règne et on remarque tout de suite la qualité des produits : pas d’OGM, pas d’huile de palme et un maximum de légumes et fruits locaux qui brillent et dégagent plein de senteur.
On se dirige vers le bourg suivant où je dois retrouver Eric, le nouveau Vice Président de Peuples Solidaires. Il m’avait invitée avant le départ mais il ne savait pas que l‘on serait cinq, il est surpris, mais nous avons de quoi manger et comme le repas se déroule sur l’herbe, on peut se le permettre !
Ses enfants nous attendent avec un enthousiasme étonnant. Antoine a même déposé des fleurs à l’entrée de leur jolie maison de village. Il a dressé la table sur l’herbe et y a mis des décorations, rien ne manque.
Victor est un peu malade mais il déborde malgré tout d’une vivacité extraordinaire qui nous surprend toutes et tous.
Eric nous parle aussi du pays. Le TGV, qui passe au fond de son jardin, met 8 secondes à passer, le train de marchandises environ 30, ce qui est « acceptable si on ne veut pas de nouvel aéroport à NDDL ». Il cultive son jardin d’une manière très écologique et nous donne toutes les explications dignes de son savoir d’ingénieur agronome.
Nous repartons sur le chemin en passant par le port, accompagnés de cette petite famille. Plusieurs modèles de gabarres sont immobilisées au port. Un passeur peut nous faire traverser si nous le souhaitons, Antoine le remarque tout de suite à cause de son drapeau de pirate. Ils nous accompagnent jusqu’au pont de l’île de Chalonnes.
De l’autre coté s’étendent les fameux coteaux du Layon.
Cette île sert de douce transition avec le passage en rive sud. Sur la petite route, nous découvrirons l’international Lénine Café. C’est à la fois une guinguette et un musée. « Nous voilà dans la datcha de Lénine. L’atmosphère est russe et le père de la révolution est partout. Des bustes, des tableaux, des tentures, des livres… » écrivait Ouest France à son ouverture. Une collection constituée au gré des voyages de Martine Thouet, une militante accueillante, que, hélas, nous n’aurons pas la chance de découvrir, sa voiture est tombée en panne. Nous n’aurons pas non plus droit à ses commentaires qui parait-il sont plutôt cocasses. Elle y organise aussi des concerts avec des musiciens très réputés.
La Loire n’a plus la même physionomie. La partie navigable se rétrécit, les bancs de sable sont de plus en plus larges. Christine nous explique que des employés de la navigation passent chaque jour et en fonction des flux modifient régulièrement les bouées qui indiquent la largeur du chenal navigable.
Elle nous quitte à Ingrandes et reprend le train pour Angers. Nous flânons beaucoup mais nous parcourrons quand même 58 km et arrivons à St Florent où nous nous installons au camping municipal.
Nous savons que les marcheurs d’Angers sont passés par là. Ils ont dormi la nuit précédente dans ce même camping.
Aujourd’hui, je n’ai pas parlé de notre mouvement militant, pourtant il se poursuit allégrement avec la distribution de l’information. Le papier est plutôt bien accepté, une marcheuse un peu spéciale le refusera à Véronique qui lui présente pourtant la chose avec délicatesse ! Il faut aussi que je précise que j’ai vraiment de la chance d’être accompagnée par ces trois personnes qui feront désormais partie de mes amis.
Pas de soirée projection ce soir, nous nous offrons un repas restaurant en bord de Loire devant un soleil couchant des grands jours, c’est la dernière soirée que nous passons tous les quatre, il faut marquer cette rencontre, Véronique nous quitte pour deux jours, elle nous rejoindra à Notre Dame des Landes.
Pas de pluie sur le parcours, bonne douche qui réduit la fatigue, un peu de lessive et avec ce repas de chef, nous passerons une agréable nuit.

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Dernières nouvelles

Depuis que nous avons planté la tente à NOtre dame des landes. Il pleut.je suis trempée donc pas facile d’écrire dans ces conditions. Ce que nous vivons ici est aussi extraordinaire que le vécu du voyage à vélo . Je revois beaucoup de personnes rencontrées pendant les soirées et nous nous remémorons les bons moments passes ensemble.  Nddl c’est de la lignée du LArzac j’écris de mon iPhone ce n’est pas facile et je dois sortir de ma petite tente pour affronter la pluie … A bientôt je rentre demain au plus tard

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Saumur – Angers

Nous serions bien restées dans le cocon douillet de Nicole, hélas, la route nous appelle. Bruno avec son vélo nous permet de quitter la ville par les quartiers. Nous passons devant un ancien moulin en gagnant la rive gauche de la Loire. Chaque étape nous fait découvrir d’autres paysages, d’autres sites, d’autres coutumes.
Ces vingt kilomètres sont riches de découvertes. C’est tout un monde souterrain qu’il faudrait mieux connaître. Autrefois, sur la vallée, il y avait 900 champignonnières, toutes disparues aujourd’hui. On ne voit plus que des sortes de halles en bois qui devaient récupérer les récoltes et peut être les transiter sur la France entière. Désormais, le milieu asiatique et de l’Europe de l’Est ont récupéré cette production.
Le rachat de la plupart des caves par les grands du Champagne a apporté une autre dimension au milieu viticole. La vie y est rude et l’emploi y est cher. C’est une région sinistrée nous explique Bruno qui va nous quitter pour revenir avec son épouse en voiture un peu plus loin.
Nous cheminons entre enceintes et remparts réalisés en pierre de tuffeau. L’église prieurale de Cunault que nous visitons en constitue le point d’orgue.
Nous retrouvons donc Bruno et Catherine au Thoureil. Ils nous tiennent compagnie pour le repas que nous partageons sur un banc devant la majesté du fleuve.
Bruno nous parle de ses escapades sur les iles du fleuve en canoë et de la vie autour de ses débordements. Les marques sur la porte de l’église nous montrent jusqu’où il peut déranger l’habitant.
Dans cette même ville, y demeure la famille Clément, le monsieur serait directeur de la Cinq et madame, la célèbre écrivaine Catherine Clément. Elle aurait écrit un livre sur l’histoire de cette maison imposante et sans aucun doute riche en histoire !
Nous reprenons la rive droite : les anciens marais forment la petite Hollande de l’Anjou. Production maraichères et florales se succèdent.
Il va désormais falloir trouver le chemin qui nous mène au rendez vous du site dans la grande ville d’Angers et nous n’avons pas de guide à vélo !
Finalement la piste nous mène à un bac. C’est le même système qu’au Sénégal avec les pirogues pour traverser les marigots.
Il faut commencer par récupérer le barquot qui se trouve de l’autre côté de la rive. A l’arrivée, il est dérivé par un petit courant que nous ne soupçonnions pas. Nous essayons de le récupérer, Dona s’approche trop, et plouf la voilà dans l’eau jusqu’à la taille. Ca glisse comme sur une savonnette, dira t-elle, et pour cause ! On éclate de rire, elle a quelques écorchures .
Nous essayons vainement de récupérer le système sans résultat, il ne veut pas dériver malgré quelques essais presque réussis. C’est la mort dans l’âme que nous nous sommes obligées de faire le détour. Détour que nous ne trouvons pas. Nous voilà coincées et l’heure tourne…
Nous rebroussons rapidement le chemin conseillé, il est sans issue. Retour à ce fameux bac. Nous voilà sauvées, des personnes sur l’autre rive l’ont rappelé, et tentent d’aborder la berge, nous les y aidons avec joie.
Les vélos chargés, nous traversons la rivière comme des aventurières, ouf. Nous roulons encore une dizaine de km sur la levée Napoléon. Et les faubourgs d’Angers nous accueillent, Dona, qui a l’habitude de la circulation en ville ouvre la voie. Nous allons arriver à l’heure.
Nous arrivons devant la mairie, passons le Palais des congrès, le jardin botanique…
C’est guidées par téléphone que nous trouvons le local. Enfin, encore 62 km au compteur bien que ce devait être une petite étape.
Les militants arrivent les uns après les autres, nous sommes désormais 25 à manger autour de la table installée par nos hôtes devant le bâtiment inter associatif.
Petits essais matériels et c’est parti pour une nouvelle soirée de débats. Les gens arrivent en nombre, les chaises seront bientôt toutes occupées, il faut en installer d’autres.
On nous questionne rapidement. Il parait que je ne dis jamais la même chose. Evidemment, c’est en fonction du public, des interrogations, de la tournure du débat mais le fond reste le même. La question qui revient souvent, c’est comment la résistance sur le terrain s’organise. Egalement, la convergence des luttes contre l’ensemble des grands projets inutiles et imposés (GPII) en France.
Une chose est sûre, c’est que toutes ces personnes rencontrées sont prêtes à se mobiliser avec les Meusiens et les Haut Marnais autour de Bure. Ils attendent nos actions de masse et nos rendez vous.
Nous quatre (Véronique, Jean Louis, Dona et moi) sommes très émus de l’intérêt enthousiaste manifesté par les Angevins, émotions réciproques car ils nous expliquerons que nous avons permis aux différentes associations présentes de resserrer leurs liens.
Nous dormons dans le local et nous passerons une bonne nuit avec à notre portée une table remplie de victuailles par nos amis.
Pour anecdote, nous avons dormi avec la deuxième porte que nous avions laissée grande ouverte !!!

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Montlouis – Tours – Saumur

Nous avions prévu une étape de 70 km, finalement elle sera de 98 km car la veille, nous nous sommes arrêtés à Montlouis au lieu de Tours et nous ne l’avons pas regretté tant l’ambiance était au summum.
Rapidement, nous empruntons les bords de Loire pour gagner la capitale de la Touraine. Nous pénétrons facilement dans la ville et comme à Orléans, nous nous retrouvons devant la cathédrale sans l’avoir cherché. La piste est vraiment bien aménagée, elle nous emmène directement devant la gare, puis, nous parvenons facilement aux bords de Loire. Les pistes nous font traverser chaque ville. Elles sont très bien tracées et bien balisées dans l’ensemble. Nous nous égarons rarement, et quand cela arrive, il y a toujours un cycliste qui nous remet sur le chemin.
Nous reprenons déjà un casse croute. Nos estomacs nous rappellent à l’ordre régulièrement, c’est comme un véhicule, il faut alimenter la machine si on veut qu’elle avance ! Nous profitons de l’immensité du parc à la sortie de la ville pour combler ce manque.
Comme le guide l’indique, à partir de Tours, la Loire et le Cher parcourent le « jardin de la France », une région où la douceur de vivre n’est pas un vain mot. Nous n’avons pas le temps de nous égarer sur les chemins de Ronsard, Rabelais ou Balzac, hélas, ce qui veut dire que nous reviendrons rapidement satisfaire nos envies de découverte.
Nous avons rendez-vous avec Philippe qui doit venir pédaler avec nous car il ne peut participer à la rencontre du soir. Mais, nous avons peu avancé et le rendez-vous ne pourra se faire aux abords de la centrale de Chinon comme prévu.
Nous roulons péniblement, une certaine fatigue se ferait-elle sentir, ou bien est-ce le faite de laisser tous ces amis derrière nous ?
Il faut dire aussi que je reçois de nombreux appels téléphoniques aujourd’hui. Il me faut y répondre pour réguler les soirées mais aussi prendre en compte l’organisation future du Bure Paris qui va succéder à ce voyage. Ca coupe les élans…
Nous atteignons Villandry, petit ville au château magnifique que nous ne pourrons même pas prendre en photo à cause des haies qui ont dû être plantées volontairement pour faire rentrer le touriste à l’intérieur mais cela ne marchera pas avec nous !
Nous avons aussi des difficultés pour nous nourrir, nous ne voulons pas nous charger inutilement et achetons au dernier moment, aussi pour manger frais. Mais souvent l’épicerie est fermée ou inexistante. Là, nous trouvons un gros sandwich au poulet qui nous cale pour un moment. Heureusement car Philippe va nous «tirer » sur des kilomètres et nous faire mener un rythme d’enfer.
Pour ceux qui ne connaissent pas les termes du vélo, ce n’est pas tirer avec une corde, mais rouler dans la roue du précédent pour bénéficier de l’appel d’air et alléger ses efforts.
Il nous explique la vie locale, la disparition des entreprises, la montée de l’eau l’hiver. Les gens mettent des crochets à leurs meubles et quand l’eau pénètre les maisons, ils les surélèvent et monte au premier étage.
Nous traversons des forêts superbes par des chemins romantiques, nous débusquons un grand lièvre. D’immenses fosses d’eau recouvertes de lentilles vertes apportent un cachet supplémentaires à cette traversée. Et les canards bien sûr adorent ce genre de marécage.
Philippe nous explique la manifestation de « Foukouchinon ». Il y avait presque autant de gendarmes que de manifestants pourtant très nombreux. Cela les a marqués. On nous le répétera souvent.
Nous arrivons devant la centrale de Chinon, Dona continue sa distribution de tracts, on peut dire qu’elle ne rate aucune occasion et qu’elle présente si bien le papier que personne ne peut résister à son charme. Moi, j’ai abandonné car au début j’ai chuté… La remorque est très stable mais à condition que je ne fasse pas de folies.
Un break aux couleurs de NDDL arrive, ce sont Gérard et Jocelyne, des militants de Saumur qui viennent à notre rencontre et nous offrent un bon coup de frais à boire, merci, merci. Ils nous protégeront jusqu’à l’arrivée .
Bien sûr, on se fait repérer pas la sécurité qui va nous suivre en voiture sur son chemin de ronde. On les voit téléphoner. Ils ont vu nos drapeaux, il faut dire que Philippe en a disposé un grand à l’arrière de son vélo, nous ne pouvons pas passer inaperçus. Dommage que ce soit la sortie des bureaux, qu’il y ait quelques embouteillage car j’ai envie d’y mettre encore un peu plus de panique. On les voit téléphoner. Les gendarmes nous doublent mais ce n’est pas à cause de nous.
A une quinzaine de km avant Saumur, nos nouveaux amis nous permettront de recharger les batteries ! Charcuterie, pain, gâteaux, jus de pomme et j’en passe. On roule, on consomme.
Il nous reste 15 kilomètres à parcourir, ce sont les derniers mais pas les moindres.
Enfin, nous arrivons à Saumur après avoir serpenté entre vignes et troglodytes. Dés l’entrée de la ville, le cadre noir ne peut passer inaperçu. La pub de la mère Amiot non plus. Il y a de la bulle dans l’air, ce n’est plus réservé à la Champagne.
Nous arrivons à la MJC et seront accueillies en apothéose par les militants déjà présents.
Nous allons mettre nos vélos en sécurité chez Nicole et nous enchaînons sur la manifestation.
Jean Marie démarre par une présentation des projets inutiles, il n’y en a pas dix mais cent comme je le pensais. C’est ensuite, un rappel de l’historique de la ferme du plateau des mille vaches. Jean Claude, le militant présent partira rapidement car le lendemain, il doit se rendre au procès qui a lieu à Abbeville.

Nous enchaînons avec le film et c’est à un débat animé que je devrai répondre. Il y a 35 participants dont un bon nombre de militants Peuples Solidaires, ce qui me réchauffe le cœur. J’ai l’impression de me retrouver en famille.
La soirée se termine chez Nicole autour d’un savoureux repas arrosé de bonnes bouteilles. Rire, discussions, fatigue, nous grimpons au deuxième étage d’une charmante maison de caractère pour une nuit courte mais réparatrice.

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DE BLOIS A MONTLOUIS

 

Réveil sous la pluie – on a l’habitude ! – et petit déjeuner toujours offert par Jean-Louis et Véronique. Nous avons tous rendez-vous avec Martin au pont Jacques Gabriel de Blois. On l’attendra un moment, il ne viendra pas et on ne sait pas pourquoi, nous espérons simplement qu’il ne s’est pas perdu…

Gilles a repris une bonne partie de notre matériel dans sa voiture, c’est une vraie chance de pouvoir rouler « léger », il nous accompagne à vélo en faisant des allers retours régulier de sa voiture à nous jusqu’à Montlouis !

Nous roulons tantôt sur les bords de la Loire,  sur les « levées » (les digues destinées à arrêter ses crues) tantôt sur les  hauteurs voisines où nous traversons des villages de caractère. Nous reprenons une belle averse ce qui nous amène à faire halte sous le porche d’une petite église. Un couple de marcheurs vient nous y retrouver, nous partageons quelques madeleines et échangeons sur le projet.

En redescendant vers la Loire, nous retrouvons le soleil et traversons des forêts remarquables. Tous les parfums sont dans l’air, en particulier l’odeur des tilleuls qui nous embaume plusieurs fois par jour quand nous approchons des zones habitées. Chaque céréale a son parfum et l’odeur même de la terre varie selon les lieux et les arrosages. Le chant des oiseaux nous accompagne continuellement…

Les coquelicots qui parsèment certains champs de blé au point d’en couvrir de vastes espaces rouge nous font penser que les traitements par herbicides doivent être plus légers que dans l’Est et le Sud Ouest. Nous continuons à nous émerveiller devant ces espaces plein de poésie…

Il faut accélérer, nous avons rendez-vous à Amboise avec les hôtes du soir. Nous sommes au rendez-vous devant l’office de tourisme.

C’est comme un happening, les uns arrivent après les autres, en train, en vélo, avec remorque et surtout avec le signe qui ne fait aucun doute !

Grand moment d’émotion au départ de la caravane, cette fois, elle est devenue réalité.

Nous prenons des côtes qui nous font pénétrer dans le vignoble de Montlouis. On nous explique qu’un gros travail a été fait localement et que ce vin a monté en qualité et en renommée. Nous en aurons la preuve à l’arrivée !

Dernier arrêt pour contempler un point de la ville et nous filons vers la mairie pour rencontrer la journaliste. Un grand goûter nous attend. Interview, restauration, et nous repartons vers la salle de projection.

Les militants de Peuples Solidaires sont présents. Ils ont apporté une partie du repas que nous engloutissons rapidement et c’est la projection.

Le film est prenant, il laisse souvent les participants sans voix, la plupart d’entre eux n’en imaginaient pas l’ampleur. Le débat est riche et animé. On se couche tard…

 

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Blois – Montlouis 60 km

Nous avons oublié de raconter l’arrivée au camping d’hier soir à Vineuil près de Blois. Il y avait des lapins de garenne qui sautaient partout comme des grenouilles.  Des petits, des plus gros, ils traversaient devant nos roues.  Un vrai ballet !

Non seulement la nuit a été mouvementée par la pluie mais aussi par la jeunesse du coin qui a quatre heures du matin continuait à fêter la vie comme en plein jour. Jean Louis leur a rappelé gentiment que derrière la haie, il y avait des campeurs qui fatigués qui voulaient dormir.

Nous retrouvons notre ami gilles le blaisois qui a agrémenté notre vie à Troyes et nous a redonné du courage, car il faut le dire depuis que nos tentes sont plantées, il pleut.

On prend le petit déjeuner à l’abri d’un arbre invitées par Véronique et Jean-Louis.  Distribution de tract au marché de  Blois avec l’aide des militants locaux dont Edith qui a mis sur pied tout le programme du jour.  Seulement, je pars avec  Dona voir le Docteur Vrinat au village car les taons ont fait des ravages sur ma jambe qui gonflent. (Le diagnostic a été confirmé par le médecin, ouf, je peux continuer à pédaler).

Notre équipe improvisée  fonctionne à merveille.  Quand on pense qu’il y a  quarante huit, on ne se connaissait pas encore, c’est incroyable comme la solidarité s’est mise en place.

Nous retrouvons l’équipe a la fin du marché. Ensuite, chacun s’occupe à sa façon. Dona et moi mangeons sur un banc sous les arbres des produits du marché. Une petite pluie fine continue à tomber. On rencontre les gens, les maraichers bios, une femme extraordinaire qui si elle avait pu aurait aimé pédaler avec nous, une autre qui serait difficile de décrire tant son originalité était affirmée, tant par la tenue que par la parole. On récupère du melon dans les rebus du marché. Dona monte -d’un coup de vélo évidemment !- vers la ville haute pour voir le beau  palais épiscopal -aujourd’hui Hôtel de Ville- qui domine la Loire,  la Halle au Grains remodelée pour théâtre musique et danse et bien sûr le château royal qui l’est vraiment…

Eric et Chantal nous font un coucou en nous  ramenant  une serviette oubliée.

Après un détour par le camping, nous partons en voiture à st Claude de Diray où nous allons projeter le film dans le cadre d’un festival du feu. En fait, c’est une famille qui met son habitation à disposition des jeunes. Entre deux concerts de rock, nous passons le film. Des militants sont arrivés, associations étonnantes entre toutes  les générations confondues.

Bon débat, il y a du monde malgré la pluie du jour, ça dégouline toujours.

Bon repas partagé apporté par nos hôtes.  On n’oubliera pas les tartes aux  légumes, la qualité de la charcuterie, la saveur du vin.

Retour au bercail en voiture puis sous la pluie et il faut rentrer dans nos tentes. La mienne était trempée malgré la protection sous le tapis de sol… Je dors dans l’eau tiédie par mon corps.

 

 

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Saint Jean de Bray (Orléans) à Blois

Beau temps à tout point de vue :

Soleil et accueil chaleureux. Bon petit déjeuner offert par nos hôtes et départ sans se presser en direction d’Orléans où nous allons découvrir la cathédrale avec Eric qui tient à nous accompagner jusqu’à Meung, c’est-à-dire moitié de l’étape.

La surprise : alors qu’Eric nous montre le passage pour accéder à la cathédrale, on entend appeler Irène. Nous ne comprenions pas bien, puis j’aperçois les signes communs, le drapeau NDDL. Ce sont Véronique et Jean Louis qui devaient nous  rejoindre à Angers.

Du coup, on fait route ensemble, c’est la joie.

Visite rapide de la cathédrale, descente vers la Loire par les vieux quartiers, guidés par Eric.

Ce qui étonnant dans cette rencontre, c’est que l’on est parti comme de vieux copains, sans doute avons-nous ce même dénominateur commun, celui de la lutte pour un monde meilleur.

Eric nous fait passer par les moulins d’Olivet, lieu magique malheureusement trop vite traversés.

Bien sûr les discussions sont animées, nous nous découvrons les uns et les autres.

Eric nous quitte à Meung, nous trouvons difficilement de quoi manger, nous prendrons le repas sur le bord d’un terrain de pétanque – faute de pouvoir le prendre devant le château – à la surprise des joueurs qui arrivent les uns après les autres et nous questionnent…

Nous repartons par de jolis sentiers à travers la forêt, nous tombons d’admiration devant les champs de blé envahis par les coquelicots. Nous cheminons tantôt en bord de Loire, tantôt à l’intérieur des terres.

Le ciel se couvre, on n’ose y croire mais nous prenons un superbe orage sur le dos qui nous trempe en l’espace de quelques secondes. Pour se réchauffer on s’offre un petit réconfort dans un café. IL nous une vingtaine de kilomètres que nous parcourons difficilement avec vent en pleine face.

Gilles qui nous attend à Blois, s’inquiète, il n’est pas sur la même rive que nous ! Finalement nous nous retrouvons quelques instants plus tard, nous décidons de manger au restaurant par commodité puis nous partons vers le camping municipal de Vineuil.

Dona n’a pas de tente, elle squatte celle de Véro et Jean Louis. La nuit est agitée ou animée par des jeunes qui arrivent des festivals divers.

A demain !

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Sully sur Loire

Sully sur Loire- Saint Jean de Braye :

Hier soir, quand je suis revenue du coin Internet, j’ai assisté à la symphonie des oiseaux, pas le morceau de la symphonie des jouets, une vraie,  elle a d’ailleurs duré toute la nuit. Je suppose que tous les échassiers, canards, et oiseaux divers y ont participé. Je pense même que les grenouilles étaient de la partie.

Après le démontage de la tente, j’ai rendez vous avec Sylvie qui vient à ma rencontre et m’offre le petit déjeuner. Au passage, je rencontre une charmante dame qui est surprise par mon attelage. Bien sûr, je lui donne un tract. Elle est des nôtres mais ne connaissait pas Bure, allez une de plus, et pas n’importe laquelle je pense ! C’est incroyable comme les gens sont intéressés par notre sujet. Je distribue régulièrement des papiers.

Je découvre Sylvie et son univers. Elle me donne les éléments pour la soirée du soir. Elle a recueilli 5 jeunes chatons qu’elle aimerait offrir, êtes-vous volontaire ?

Puis, je pars, je me sens désintoxiquée d’une certaine fatigue psychique. Le voyage est en moi. Je vais désormais profiter pleinement de tout ce que je rencontre. Que ce soit visuel, comme ce qui ressort du patrimoine, de la flore  (les fleurs sont au maximum de leur floraison, le blé très haut sur tige, d’un jaune très clair étincelle sous la lumière du soleil) de la faune, passage de chevreuil ou encore auditif avec le chant des oiseaux qui a pris une autre tournure au lever du jour…

Et au milieu de tout cela, il y a la Loire, fleuve royal… fleuve que je découvre avec une certaine curiosité. Je ne peux  franchir un pont sans m’y arrêter et scrute ce qui se trouve au fond du lit du fleuve.

Sandwich à Châteauneuf sur Loire, sur le quai de l’ancien port. J’imagine tout un passé historique, mais mon voyage est trop rapide pour m’y pencher. Ce qui est sûr, c’est que régulièrement j’y trouve les traces d’autrefois.

Nouvelle halte à Jargeau. Je photographie de magnifiques gabares, ces bateaux à fond plat adaptés au régime capricieux de la Loire et à ses fonds sableux qui transportaient les marchandises avant l’arrivée du chemin de fer.

15h30 appel de Dona qui sort du train de Bordeaux. On prévoit de se rejoindre à Donnery.

Parallèlement Michel Thomas, mon ancien DDJS me fait coucou. On se retrouve tous devant la Mairie avec sa Maman, charmante dame très élégante de plus de 90 ans, vive et alerte intellectuellement. Nous passons un moment très agréable en leur compagnie. Hélas il faut partir…

A partir de là, ce journal sera publié à quatre mains même si chacune de nous risque de s’exprimer à un moment précis en fonction de son vécu.

Nous suivons le Canal d’Orléans symbole d’une vie de marinier d’autrefois sur lequel les canards abondent. En rejoignant le Loire Le chemin offre une belle vue sur la ville d’Orléans, l’on y distingue les deux tours de la cathédrale.

L’objectif est de rejoindre la rencontre des deux collectifs : SPLF Association du Site Préservé entre Loire et Forêt et l’association MARDIEVAL à Saint Jean de Braye. On n’a pas le compas dans l’œil et on se retrouve pratiquement à l’entrée d’Orléans ce qui nous amène à rebrousser chemin et à nous perdre un peu…

On arrive sur une butte d’où on les aperçoit au loin, puis on les rejoint par un chemin enherbé applaudies à l’arrivée comme au tour de France. Philippe Patouret n’en serait pas revenu ! Mais, ici, nous ne sommes pas dans la Meuse…Discours, photos de rigueur et interview par une journaliste –sans doute de la République du Centre- si on se souvient bien ?

70 personnes représentant les deux associations sont présentes, la première lutte contre un projet de la municipalité de Saint Jean de Braye qui souhaite installer sur des terres agricoles (18 ha1/2) des centres commerciaux du Groupe Auchan dont un gros Décathlon alors que l’agglomération est saturée de ce genre de zones commerciales. La seconde association lutte depuis 20 ans contre trois projets de ponts (franchissement de la Loire) dans des zones préservées (Natura 2000) au mépris du potentiel écologique et touristique que représente ce dernier fleuve sauvage. Les flux routiers sur les ponts actuels sont en baisse. Sylvie conclue  « La beauté des sites est essentiel à la qualité de la vie et à la santé de tous ». Un grand nombre de jeunes étaient présents et étai allés récupérer des légumes et du pain dans le cadre de l’association Disco-Soupe, « un mouvement solidaire et festif qui s’approprie l’espace publique et le rebus alimentaire pour sensibiliser au gaspillage alimentaire. Tout le monde s’est mis à la « pluche »  avec des gants bleus et le résultat était excellent. On ne peut pas tout dire mais on vous laisse imaginer tout ce qu’il y avait autour de la soupe…

Chaque collectif a présenté sa lutte dont la notre qui a suscité beaucoup d’intérêt. La presse va aussi rapporter tout le contexte de cette manifestation.

Un orchestre en chanson « Côté Guitare » a conforté l’ambiance en donnant une note supplémentaire à la soirée terminée par « Le loup, le renard et la belette » !

Très agréable hébergement chez Chantal et Eric dans leur maison qui l’a choisie en  en pleine nature mais aujourd’hui,  la ville la rattrape.

Demain, ce sera Orléans – Blois.

 

 

 

 

 

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