Angers – Saint Florent

Après une soirée chargée en émotion, nous avons passé une excellente mais courte nuit.
Maud et Gildas viennent partager le petit déjeuner avec nous, c’est un véritable festin. Il y aurait de quoi nourrir 10 personnes !
Anne de Peuples Solidaires, Christine une vraie baroudeuse du vélo nous rejoignent et c’est le départ avec Maud et Jacques également. Toujours très intéressant de faire un bout de route avec les locaux qui nous racontent l’histoire du pays mais je ne vais pas vous faire une visite guidée de la ville d’Angers. Nous filons vers Bouchemaine pour retrouver nos coéquipiers Véronique et Jean Louis qui nous ont rejoints hier soir après une escapade de 48 heures où ils étaient partis retrouver des amis. Ils ont passés la nuit au camping.
Jacques lors d’un arrêt nous récite un poème de Gaston Couté, paysan poète anarchiste angevin. Nous sommes un peu surpris de sa demande mais vite subjugué par la teneur, le ton, l’accent et la qualité du diseur.
L’histoire raconte un conflit entre le monde paysan et les « bourgiaux d’la grand’ ville». Voilà le genre de surprise que nous réserve les individus rencontrés sur ce parcours…
Le groupe est définitivement constitué, nous partons à huit par La Pointe, c’est là que la Maine, rivière d’une douzaine de kilomètres, se jette dans la Loire. Nous pénétrons dans un village typique de mariniers, nous passons devant un magnifique grenier à sel où l’on percevait autrefois l’impôt sur le sel, dommage que nous puissions nous arrêter et nous nous engageons dans les coteaux où l’on retrouve les vignobles.
Jean Louis nous a distancés et perdus. C’est la première fois que cela arrive. Comme quoi c’est plus facile de rouler en petit groupe qu’avec un grand ! Maud qui croyait que ma remorque ne supportait pas les chemins étroits nous fait prendre une petite route qui monte, monte… Je peine et je la termine à pieds. En trois ans, j’ai énormément perdu en puissance dans les montées ou bien est-ce la fatigue car je dors peu.
A Savennières nous faisons une pause devant l’église où nous découvrons des jeunes hommes qui jouent aux palets sur plaques de plomb. (Jeu breton – vendéen qui se joue localement). Nous découvrons dans ce bourg un grand blanc, le Savennières, vin sec réputé d’une superbe élégance.
Nous faisons quelques courses à l’épicerie locale. Ce qui est surprenant dans ces régions traversées, c’est tout se qui tourne autour de l’économie solidaire. Ici il s’agit d’une épicerie (solidaire et associative) qui est tenue par les adhérents.
Pas de doute, une ambiance différente y règne et on remarque tout de suite la qualité des produits : pas d’OGM, pas d’huile de palme et un maximum de légumes et fruits locaux qui brillent et dégagent plein de senteur.
On se dirige vers le bourg suivant où je dois retrouver Eric, le nouveau Vice Président de Peuples Solidaires. Il m’avait invitée avant le départ mais il ne savait pas que l‘on serait cinq, il est surpris, mais nous avons de quoi manger et comme le repas se déroule sur l’herbe, on peut se le permettre !
Ses enfants nous attendent avec un enthousiasme étonnant. Antoine a même déposé des fleurs à l’entrée de leur jolie maison de village. Il a dressé la table sur l’herbe et y a mis des décorations, rien ne manque.
Victor est un peu malade mais il déborde malgré tout d’une vivacité extraordinaire qui nous surprend toutes et tous.
Eric nous parle aussi du pays. Le TGV, qui passe au fond de son jardin, met 8 secondes à passer, le train de marchandises environ 30, ce qui est « acceptable si on ne veut pas de nouvel aéroport à NDDL ». Il cultive son jardin d’une manière très écologique et nous donne toutes les explications dignes de son savoir d’ingénieur agronome.
Nous repartons sur le chemin en passant par le port, accompagnés de cette petite famille. Plusieurs modèles de gabarres sont immobilisées au port. Un passeur peut nous faire traverser si nous le souhaitons, Antoine le remarque tout de suite à cause de son drapeau de pirate. Ils nous accompagnent jusqu’au pont de l’île de Chalonnes.
De l’autre coté s’étendent les fameux coteaux du Layon.
Cette île sert de douce transition avec le passage en rive sud. Sur la petite route, nous découvrirons l’international Lénine Café. C’est à la fois une guinguette et un musée. « Nous voilà dans la datcha de Lénine. L’atmosphère est russe et le père de la révolution est partout. Des bustes, des tableaux, des tentures, des livres… » écrivait Ouest France à son ouverture. Une collection constituée au gré des voyages de Martine Thouet, une militante accueillante, que, hélas, nous n’aurons pas la chance de découvrir, sa voiture est tombée en panne. Nous n’aurons pas non plus droit à ses commentaires qui parait-il sont plutôt cocasses. Elle y organise aussi des concerts avec des musiciens très réputés.
La Loire n’a plus la même physionomie. La partie navigable se rétrécit, les bancs de sable sont de plus en plus larges. Christine nous explique que des employés de la navigation passent chaque jour et en fonction des flux modifient régulièrement les bouées qui indiquent la largeur du chenal navigable.
Elle nous quitte à Ingrandes et reprend le train pour Angers. Nous flânons beaucoup mais nous parcourrons quand même 58 km et arrivons à St Florent où nous nous installons au camping municipal.
Nous savons que les marcheurs d’Angers sont passés par là. Ils ont dormi la nuit précédente dans ce même camping.
Aujourd’hui, je n’ai pas parlé de notre mouvement militant, pourtant il se poursuit allégrement avec la distribution de l’information. Le papier est plutôt bien accepté, une marcheuse un peu spéciale le refusera à Véronique qui lui présente pourtant la chose avec délicatesse ! Il faut aussi que je précise que j’ai vraiment de la chance d’être accompagnée par ces trois personnes qui feront désormais partie de mes amis.
Pas de soirée projection ce soir, nous nous offrons un repas restaurant en bord de Loire devant un soleil couchant des grands jours, c’est la dernière soirée que nous passons tous les quatre, il faut marquer cette rencontre, Véronique nous quitte pour deux jours, elle nous rejoindra à Notre Dame des Landes.
Pas de pluie sur le parcours, bonne douche qui réduit la fatigue, un peu de lessive et avec ce repas de chef, nous passerons une agréable nuit.

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